Michel
Tonton Michel
Mitchou de la Guinguette
L’homme à la moustache
Ou tout simplement « Moustache »
Notre petit Mimi
Qui n’a jamais entendu tes blagues ?
Tu en avais toujours une à la bouche ! Des blagues devenues les nôtres, tellement répétées qu’elles ont fini par entrer dans le domaine public. Un certain public, dans tous les cas.
Ou un public certain: le tien!
Tu aurais pu assumer un Nikaïa tout entier rien qu’avec ton répertoire ! Ou le stade que tu affectionnais tant !
Pourquoi les pâtissiers mettent de la nougatine sur les pièces montées? C'est « pour nous gâter ».
Un vêtement jaune, ça « rajaunit ».
À la Guinguette, il fallait faire les « plats nets / planètes », parce que c’est pour ça qu’on est « venus / Vénus ».
Et bien sûr, une femme habillée en orange, c’est une femme sans pépin ».
Et j’en passe tellement…
Ces mots, ces jeux de langage, ce sens de la répartie : c’était toi.
Mais derrière le Michel jovial, rieur, agréable pour tout un chacun, il y a aussi l’homme sérieux, prévenant, passionné, celui qui veillait sur les siens.
Un mari, un fils, un beau-frère, un père, un oncle, un frère, un cousin, un ami… J’en oublie certainement.
Un bon vivant comme on en fait peu, capable d’accueillir mieux que n’importe qui, toujours prêt à dégainer une bonne bouteille que tu avais dégotée et faire un tajine en « last minute ». Pour faire "régime», bien sûr ! Et juste pour partager un « pichin toc».
Et là encore, il fallait y voir plus qu’une expression : une philosophie, un art de vivre, une dolce vita bien à toi.
Au-delà de cette spontanéité et de ton grand cœur, tu as toujours été un homme de duos, un homme de « binômes iconiques » :
D’abord H&M, Henri et Michel, les beaux-frères et maris des jumelles, les « 4 fantastiques » de la Gaude, fondateurs de la Guinguette
Et puis, plus récemment, tu t’étais autorisé un duo aux résonances plus « exotiques »… Jacky et Michel !
Mais ton véritable duo, c’est bien avec Colette que tu l’as formé : Colette et Michel, l’histoire, le duo d’une vie, un tandem indissociable. Jusqu’à ton dernier souffle…
En fait, Michel, tu avais l’art et la manière de créer une complicité avec ceux qui ont toujours partagé ton quotidien : Solange, Manu, Sandra alias « Ta belle Sandrine », la famille qui n’a eu de cesse de s’agrandir. Les petites filles, les petites nièces… Les amis… Les copains… Les collègues…
Faire bonne chère, amateur de bons vins, passionné de belles carrosseries – surtout les anciennes –amoureux des routes de La Gaude à Utelle que tu connaissais comme ta poche, tu avais cette manière bien à toi de savourer le monde et de partager ce goût avec ceux qui avaient la chance de te côtoyer.
Toujours avec un brin d’humour. Et d’amour.
Et puis là, voilà, dans ton style inimitable, tu nous affiches ta dernière blague, ton ultime clin d’œil :
L’homme à la moustache s’en va en novembre, le mois du « Movember ». Et du beaujolais nouveau…
Un pied de nez, un symbole, une sortie comme toi seul savais les imaginer.
Michel, tu laisses derrière toi des rires, des souvenirs, une chaleur inimitable.
« C’est une douceur de savoir qu’on n’aimera jamais moins, qu’on ne se consolera jamais, qu’on se souviendra de plus en plus. » Citation de Proust
Tu nous manques déjà, tu nous manqueras, mais tu continueras à vivre dans chacune de tes blagues, dans chaque « pichin toc », dans chaque route de la vallée, dans chaque sourire que tu as su déclencher. Si tu n’es plus là où tu étais, tu es désormais partout là où nous sommes.
L’ancien combattant aura combattu jusqu’au bout.
Allez, une p’tite dernière pour la route, une de tes préférées : « lève ton verre, Missel » !
Qu’il en soit ainsi.
Vincent